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Musique

Réalisations artistiques accompagnées - avec Wolfgang Mastnak / (FCDE)

Retour en vidéos sur une semaine de création artistique par les stagiaires de la formation continue au diplôme d’état de professeur de musique.

Dans le cadre de leur formation, les musiciennes et musiciens professionnels bénéficient d’un module de réalisation artistique accompagnée (RAA). Dans ce module, sous la direction d’intervenantes et d’intervenants venant d’autres expressions artistiques (danse, théâtre, marionnettes, cirque, arts visuels etc.), les musiciens et musiciennes consolident par l’expérimentation pratique et les échanges, tout ce qui peut leur permettre de s’approprier les problématiques artistiques communes à l’ensemble des professionnels du spectacle vivant.

Intervenant : Wolfgang Mastnak

Wolfgang Mastnak

Wolfgang Mastnak

Wolfgang Mastnak, autrichien, est professeur à Munich et à Shanghai et est président de l’Austrian Heart Association.
En tant que membre à part entière de l’Académie des sciences de New York et de l’Académie européenne des sciences et des arts, il est spécialisé dans les neurosciences, la musicothérapie, la réadaptation cardiaque à long terme, la médecine du sport, les psychothérapies corporelles et la théorie des sciences.
Titulaire de plusieurs doctorats en musique et thérapies liées aux arts, en mathématiques, en sciences médicales et de l’éducation, il a publié environ 300 articles et plusieurs livres. Il donne des conférences universitaires et mène des recherches en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique.

Il a été désigné comme étant l’un des « 2 000 intellectuels exceptionnels du 21e siècle » par le Cambridge International Biographical Center et l’un des « grands esprits du 21e siècle » par l’American Biographical Institute.
Il est membre honoraire de l’Université York St John et a reçu le prix d’honneur du Czech Music Council/Council International of Music of UNESCO.

En tant que pianiste, Wolfgang Mastnak se spécialise dans le classicisme viennois, le XXe siècle et en musique contemporaine. Il donne des récitals de piano solo, joue avec des orchestres et se produit dans divers ensembles traditionnels, ethnologiques et expérimentaux.
Il donne des master classes de piano en Europe et en Asie et travaille également comme compositeur et metteur en scène.

Haïku

Ce morceau est né du silence, pour faire naître un cycle rythmique sur lequel se base toute la pièce. Elle est construite autour du haïku « Un vieil étang », écrit par Matsuo Basho qui est considéré comme le père de ce style de poésie japonaise. Le poème est composé de trois strophes de cinq, sept, puis à nouveau cinq syllabes.

La première strophe, « Furu ike ya », décrit un vieil étang, symbole de calme et d’éternité. Sur cette strophe, la ligne de basse est construite avec seulement deux hauteurs de son, sur un cycle de dix-sept temps qui rappelle le nombre de syllabes du haïku dans sa forme la plus traditionnelle. Ce matériau de base a fait émerger toutes les autres parties, qui fonctionnent sur un cycle de même longueur, avec des formules rythmiques différentes. L’articulation des superpositions rythmiques laisse passer un discours sobre et épuré.

La deuxième strophe, « Kawazu tobikomu » décrit une action qui vient troubler la tranquillité de cet étang ; une grenouille plonge. Les instruments utilisent un mode de jeu percussif, improvisé ; les phrases descendantes du chant évoquent le mouvement vertical de ce plongeon dans l’eau.
Dans la dernière strophe, « Misu no oto », le son de l’eau, évoque une mécanique sans fin. Pour nous, une économie des moyens musicaux permettait d’illustrer la sobriété et la concision du haïku. Tout au long du morceau, les lignes mélodiques restent volontairement simples, et le nombre de cycles est laissé au libre choix des musiciens selon l’instant, jusqu’à mener parfois à une forme de transe.

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Réalisation image et son : David Millman

Kann Ar Bleizh

La légende dit que l’homme rencontra le Canis Lupus dans la fosse destinée à piéger les bêtes un soir d’ivresse et de célébration. Le premier pour apaiser le second, dut user de tous ses talents de musicien afin de maintenir la férocité de son altérité, hors de portée. Il en aurait d’ailleurs fallu beaucoup, des portées pour noter toutes les virevoltantes sonorités qui de son biniou s’échappèrent.
Mais c’est ainsi, tous les airs sont par essence d’évanescentes émanations, et ils s’envolèrent de la fosse au petit matin comme s’envolent les chagrins. L’un fut tué l’autre libéré. C’est ainsi, certains naissent pour la nuit infinie d’autres pour le délice exquis.

Les notes accompagneront tout d’abord le crépuscule profond, la fôret lugubre, pour ensuite mettre en scène la confrontation de l’homme et du loup. Ce dernier n’est apaisé que lorsque la musique lui est habilement proposée par son compagnon d’infortune et le loup devient alors menaçant et entonne son chant. À la levée de l’aurore aux doigts de rose dans son berceau de brume, le propos se fera plus aérien pour symboliser la délivrance du sonneur et la fin du loup.
Le titre est un triple jeu de la langue en Breton. Kan signifie chant, kann signifie combat mais associé à la lune, il indique qu’elle est pleine, Loar kann . Nous pouvons donc entendre : le chant du loup et le combat du loup avec un rappel de la lune pleine, moment durant lequel les loups se mettent à chanter dans l’imaginaire collectif.

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Réalisation image et son : David Millman

Karawane

Le poème sonore Karawane a été écrit par Hugo Ball en 1917, dans l’esprit Dada. Ce poème sonore est composée d’onomatopées, qui créent une rythmique à écouter. Les mots appartiennent à une langue imaginaire. Dans notre performance, nous avons mis en scène une caravane (« Karawane »). Les participants marchent dans la même direction. Le poème d’Hugo Ball devient un message qui se transmet de proche en proche par l’écoute.
Rythmiquement, la structure à 4 temps s’appuie sur la pulsation marquée par les pas. Symboliquement, cette marche forme le trait d’union entre les participants.
Vocalement, un processus d’entrées en imitation a été développé. Les répétitions de chaque vers se succèdent. Les voix s’accumulent et se superposent, faisant émerger une microtonalité unique. Deux mouvements se combinent: un mouvement des corps, la marche, et un mouvement de la parole, transmission de l’arrière vers l’avant.
Dans cette version il y a sept participants. Le mécanisme de transmission utilisé permet d’entendre simultanément entre une et quatre phrases. La polyphonie pourrait être enrichie avec des participants supplémentaires.
Chaque individu colore le message avec sa propre voix, son timbre, sa personnalité. Le propos artistique est porté par l’ensemble du groupe. Chaque marcheur transmet son énergie. Dans un souffle commun, la caravane transporte le poème. Le langage devient universel. La liberté est donnée à chacun pour interpréter le sens des mots.

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Karawane, enregistré le jeudi 3 septembre 2021, au Pont Supérieur, Nantes.
Sur une idée originale de Delphine Hautcoeur, à partir du texte d’Hugo Ball, 1917.
Direction artistique : Delphine Hautcoeur, Maxime Pelé, Alex Guibert
Autres participants: Brendan Le Hoadec, Nancy Hourcq, Benjamin Haloche, Gaël Le Bozec
Réalisation image et son : David Millman

L’art et la manière

« L’art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation » – Georges Perec

La réalisation prend pour point de départ le roman sans ponctuation de Georges Perec paru en décembre 1968, décrit comme suit sur la 4e de couverture (éditions Points).

« Le récit hilarant d’une véritable course d’obstacles où, selon une logique imparable, de rebondissements en rendez-vous manqués, d’épidémies de rougeole en intoxication alimentaire, les perspectives d’une rencontre avec un très évanescent chef de service deviennent de plus en plus improbables.»

Le roman se conclut par un organigramme qui montre la notion de cycles, de mouvement perpétuel : en anticipant mentalement et en réagissant à tous les cas de figure possibles le personnage tourne en rond à l’infini. Diverses idées musicales ont pu être tirées de ce matériau de départ : le mouvement perpétuel, l’absence de mesures, l’exploration de toutes les combinaisons de cas de figure possibles, l’instabilité permanente dans la répétition incessante des mêmes événements.
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Avec : Rose Bienvenue, Xavier Catrou, Antoine Charenton, Alexandre Guibert, Benjamin Haloche, Delphine Haucoeur, Nancy Hourcq, Gaël Le Bozec, Brendan Le Houedec, Maxime Pele, Philémon Regnaud

Réalisée par : David Milleman

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