la recherche

TREUZKAS#3 
Le Pont Supérieur et l’Université Rennes 2 poursuivent leur expérience partenariale et vous invitent à cette 3e journée d’étude dédiée à la recherche en musiques traditionnelles.

Au programme, de nombreuses conférences, performances et tables rondes, en lien avec le festival YAOUANK 2019.

THÉMATIQUE 2019 
Le danseur et le musicien dans les musiques traditionnelles : sources communes, postures séparées ?

PROGRAMME // JEUDI 7 NOVEMBRE 2019
>> Journée d’étude, Université Rennes 2 – Campus Villejean
__de 9h à 18h

Polymorphes et complexes, les relations entre musiciens et danseurs des musiques traditionnelles reposent sur un paradoxe : celui d’une déconnexion des acteurs de ces deux domaines. Treuzkas#3 aura pour objectif d’interroger la dialectique musicien-danseur, en Bretagne mais aussi ailleurs en France, tant dans la pratique ou la création que dans la transmission :
– en explorant les représentations,
– en questionnant les statuts professionnels des acteurs,
– en soulevant les problématiques liées au genre ou à la forme de sociabilité.

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>> Soirée artistique, Université Rennes 2 – Le Tambour
__à partir de 20h

Changement de Cap : solo dansé par Anthony Prigent, danseur de l’Ensemble Bleunadiur de St-Pol-de-Léon / regard extérieur : Nadège Macleay

Tarmac, pour un musicien et une danseuse : première création proposée par la compagnie de danse redonnaise La Barque.

Treuzkas#3 rencontre du 7 novembre 2019

Suite à la réussite des éditions 2014 et 2017 de TREUZKAS, transmettre en breton, axe de recherche sur le spectacle vivant dans le domaine des musiques traditionnelles bretonnes et celtiques, le Pont Supérieur et l’Université Rennes 2 poursuivent cette expérience partenariale d’une journée d’étude ouverte au monde du spectacle vivant, selon un format de recherche-action associant artistes professionnels, principalement musiciens, étudiants et chercheurs.

Le danseur et le musicien dans les musiques traditionnelles : sources communes, postures séparées ?

Les relations entre la danse et la musique, dans l’esthétique des musiques traditionnelles sont très fortes et complexes. Ainsi, les airs à danser constituent la partie amplement majoritaire des répertoires instrumentaux qui ont été collectés. Ils occupent une large place dans la transmission au sein des associations et des écoles de musiques. Au niveau de la diffusion, il en est de même. Le bal est le contexte de pratique par excellence ; celui qui a joué le plus grand rôle dans la visibilité, la reconnaissance et la professionnalisation des musiciens des musiques traditionnelles. Qu’on le nomme« fest-noz »en Bretagne, « bal poitevin » en Poitou, « bal trad »ou bien encore « bal folk », cette assemblée de danses traditionnelles à l’entrée payante, au son d’orchestres ou de groupes dédiés, connaît aujourd’hui un succès sans précédent. Le film de Laëtitia Carton Le Grand Balet les réseaux sociaux spécifiques à ce sujet en attestent.

Paradoxalement, les relations entre la danse et la musique reposent sur le constat d’une déconnexion au niveau des acteurs. C’est particulièrement le cas notamment dans les milieux de la création. Ainsi, les propositions artistiques mêlant musique et danse restent peu nombreuses. Contrairement au chant, au conte, voire même au théâtre qui arrivent souvent à intégrer les projets musicaux, c’est rarement le cas de la danse. Réciproquement, celle-ci fait l’objet de propositions spécifiques intégrant les mêmes contes ou théâtre mais très peu la musique. On remarque très vite que les postures de musiciens ne sont pas celles des danseurs et vice versa. Il en est de même en matière de transmission. Dans les faits, très peu de professeurs de musique enseignent la danse et, en miroir, il est rare de voir des enseignants de danse se risquer dans le domaine de la musique.

Ainsi, bien plus qu’au niveau des domaines et des expressions, les questions se posent à l’échelon des acteurs. Ceux-ci se trouvent confrontés à une dialectique dans les postures de musiciens d’un côté et de danseurs de l’autre. Des postures différenciées que Treuzkas #3 se propose de comprendre, en interrogeant aussi bien les représentations et les statuts professionnels que les questions de genre, de forme de sociabilité, d’esthétique et de transmission.

Treuzkas rencontre du 16 mars 2017

 

Suite à la réussite de la première édition de TREUZKAS (transmettre en breton), axe de recherche sur le spectacle vivant dans le domaine des musiques traditionnelles bretonnes et celtiques le 20 novembre 2014 , le Pont Supérieur et l’Université Rennes 2 poursuivent cette expérience partenariale d’une journée d’étude ouverte au monde du spectacle vivant, selon un format de recherche-action associant artistes professionnels, principalement musiciens, étudiants et chercheurs.

Ces rencontres s’inscrivent au cœur du projet du Pont Supérieur en ce qu’il permet de :

  • Développer un axe de recherche sur l’ethnomusicologie en lien avec son offre de formation supérieure et son ancrage territorial, avec pour centre de gravité la Bretagne en dialogue avec les différentes cultures du monde.
  • Enrichir la réflexion en lien avec l’ouverture de son Master Musique, parcours spécialisé de musicien professionnel de musiques traditionnelles, en septembre 2017.
  • Penser la transmission et l’expression de la musique traditionnelle des aires culturelles bretonnes comme figurant dans un vaste champ esthétique et dans un domaine en constante mutation
  • Intégrer l’ethnomusicologie dans la formation supérieure des musiciens en respectant une démarche scientifique visant une pratique artistique de création et de recherche.
  • Partager une réflexion sur les évolutions qui marquent aujourd’hui les formes et les lieux d’expressions de la musique traditionnelle bretonne.   
  • Réunir dans cette recherche les partenaires régionaux et internationaux.

Dans un texte de 1980 intitulé « La signification de ma musique blues et hillbilly d’avant-garde  », le compositeur américain Henry Flynt, proche de John Cage, La Monte Young et Tony Conrad, rebattait les cartes du modernisme américain en affirmant chercher les véritables racines de la musique expérimentale dans les musiques de tradition orale des Appalaches et du Sud des États-Unis.

Flynt voyait dans leur minimalisme, une approche du son en tant que son et non pas comme suite de notes, les expérimentations incessantes sur le timbre ou une lutherie en évolution, autant d’indices que la musique savante euro-américaine n’était pas la seule à élargir les contours de l’œuvre d’art musicale à l’époque contemporaine. Cette réflexion était doublée chez Henry Flynt de compositions et d’enregistrements qualifiés par lui de « hillbilly d’avant-garde », notamment le double album Backporch Hillbilly blues (Locust, 2002), à la croisée du statisme des minimalistes new-yorkais et du nihilisme du punk.

En écho à cette vision utopique de Flynt qui tente de renouer des fils invisibles entre l’ancien et le futur, la tradition et l’avant-garde, cette journée de recherche souhaite envisager la manière dont les matériaux des musiques traditionnelles (timbre, techniques, instruments, voix, etc.) peuvent être l’objet d’un traitement expérimental au sens de John Cage, à savoir un processus musical dont on ne peut prédire le résultat au moment où on l’entreprend. Il s’agit également de prêter l’oreille aux paysages sonores liés aux musiques traditionnelles, pour redécouvrir des collectages anciens ou récents qui témoignent d’un rapport au sonore interrogeant nos pratiques d’écoute contemporaines.

Aujourd’hui en France et en Europe, des collectifs d’artistes comme La Nòvia en Centre France et d’autres en Bretagne ou ailleurs semblent se placer dans une telle perspective. Ils démontrent par leur musique et leurs recherches que la pratique des musiques traditionnelles est particulièrement appropriée à une approche expérimentale du matériau musical.

Au travers de communications mais également de tables rondes avec des artistes, des ateliers de pratiques, et des performances à partir de projets d’étudiants musiciens du Pont Supérieur, cette journée d’étude souhaite porter un regard différent sur la modernité des musiques traditionnelles et affirmer que les questions musicales contemporaines ne sont pas du seul ressort de la « musique contemporaine ».

Treuzkas rencontre du 20 novembre 2014

Le propos

Ces rencontres s’inscrivent dans le projet du Pont Supérieur en ce qu’il souhaite :

  • Développer un axe de recherche sur l’ethnomusicologie conformément à son offre de formation supérieure et à son ancrage territorial, avec pour centre de gravité l’aire bretonne dans une conception ouverte et en dialogue avec les différentes cultures du monde.
  • Réunir dans cette recherche les partenaires régionaux et internationaux.
  • Enrichir la réflexion  autour de son projet avec l’Université Rennes 2,de Master Musique, parcours spécialisé de musicien professionnel de musiques traditionnelles des aires bretonnes et celtiques.

Les thématiques

  • Réfléchir la transmission et l’expression de la musique traditionnelle des aires culturelles bretonnes comme figurant dans un vaste champ esthétique et dans un domaine en constante mutation.
  • Intégrer l’ethnomusicologie dans la formation supérieure des musiciens dans une démarche scientifique à privilégier en vue d’une pratique artistique qui intègre pleinement une dimension réflexive.
  • Partager collectivement une réflexion concernant  les évolutions qui marquent aujourd’hui les formes et les lieux d’expressions de la musique traditionnelle bretonne.