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RETOUR EN VIDÉO - RENCONTRE AVEC HERVÉ KOUBI

Au début du mois de février, les danseurs et danseuses en première année de formation au Diplôme d’État de professeur de danse ont eu la chance de pouvoir rencontrer et travailler aux côtés du danseur-chorégraphe Hervé Koubi, de Fayçal Hamlat co-chorégraphe, et de Nadjib Meherhera et Houssni Mijem, danseurs de la compagnie.

 

Retrouvez en images les temps forts de cette rencontre ainsi qu’une interview d’Hervé Koubi
RETOUR EN VIDÉO

Merci à Gabriel Sengès (Moonview Prod) pour la réalisation et le montage

INTERVIEW D'HERVÉ KOUBI

Pouvez-vous nous en dire un peu plus concernant votre parcours ?

Mon parcours est très atypique puisqu’il est double. Je suis docteur en pharmacie, diplômé de l’université d’Aix Marseille. C’est un diplôme que j’ai obtenu, sans aucun regret, surtout pour mes parents qui souhaitaient que je fasse des études car eux n’en avaient pas eu la chance.
La danse m’est tombée dessus surtout à l’adolescence. La danse est un art difficile, surtout quand on est issu d’une famille d’Afrique du Nord. C’est douloureux, on va contre quelque chose qui est culturellement convenu. Et puis dans les années 80, pratiquer la danse quand on est un garçon, ce n’est toujours pas simple aujourd’hui, mais ça l’était encore beaucoup moins à cette époque-là.
De plus, le fait de m’être orienté à mes débuts vers une filière scientifique m’a fait connaître quelques moments de solitude lorsque j’ai décidé d’embrasser ma carrière de danseur. Ce parcours atypique, pourtant, me donne encore plus cette envie, cette soif de tout mettre en œuvre pour garder autant que possible une part de liberté dans ce qui m’inspire.

 

Et concernant votre formation de danseur ?

Ma formation en danse est polymorphe. J’ai été en partie formé en tant qu’externe à la Rosella Hightower. J’ai commencé par la danse jazz dans une petite MJC avec une professeure de danse qui était auparavant enseignante d’histoire-géographie et qui avait tout plaqué pour la danse. C’était quelqu’un d’extraordinaire, de très cultivée, ça a forgé ce que j’allais devenir. J’étais profondément admiratif d’elle.

Ma formation est aux ¾ classique, ce qui ne fait pourtant pas du tout de moi un danseur classique. Cela m’a apporté une culture chorégraphique très intéressante sur laquelle je m’appuie encore aujourd’hui en tant que chorégraphe. Je le vois quand je m’adresse aux danseurs, on parle d’un mouvement qui va au sol, qui est presque issu des danses urbaines, et j’en fait la transposition pour essayer d’apporter une ligne d’explication, un point de vue, en rappelant ce qu’est un piqué en classique pour trouver des correspondances.

 

Quels sont vos axes de travail avec les danseurs et danseuses ?

Après 20 ans de carrière, je suis à un moment de remise en question, j’ai une volonté d’affirmer mon travail d’écriture chorégraphique qui est résolument contemporain. Depuis presque 15 ans, la danse hip hop, les danses urbaines, les danseuses et danseurs que j’ai rencontrés sont venus me percuter. Je ne suis selon moi pas du tout un auteur de danse hip hop, danse de laquelle je ne garde finalement que peu de choses, surtout les rotations qui sont signifiantes et qui me plaisent tout simplement.

Je demande à ces danseurs hip hop, avec leur vécu, leur mémoire corporelle, d’aborder ma danse. Il y a quelque chose de l’ordre de la collision. Je me situe à cet endroit de la collision entre les techniques pour essayer de dépasser les notions de catégories. « C’est quoi cet endroit de croisements, qu’est-ce qu’on en sort pour dépasser les partitions du monde qui sont paralysantes ? ».

Un autre axe de travail est aussi celui d’apprendre à se remettre en question. Tester des choses, faire part des questionnements. Je ne suis pas un chorégraphe de certitudes. Rien n’est figé. J’essaie d’inviter les étudiantes et étudiants à chercher également pour eux : « qu’est-ce que la danse ? » « qu’est-ce qu’un chorégraphe ? ». Je les invite à s’emparer de différentes techniques, d’autres écritures.

 

Quel est le rôle de chacun lors de ces rencontres pédagogiques ?

Nous avons un rapport organique, une complicité avec Fayçal depuis douze ans. Il co-chorégraphie pour certaines créations et est mon assistant depuis bientôt 5 ans. C’est mon complice et compagnon d’art. Nous sommes très complémentaires. Deux danseurs sont présents avec nous cette semaine. La compagnie en compte une vingtaine, formidables, je ne tarie pas d’éloges à leur sujet. La moitié d’entre eux sont des danseurs solides, présents depuis plus de 5/6 ans.

Je trouve cela très beau de pouvoir demander à mes danseurs de transmettre à leur tour, alors qu’ils ne sont pas allés à l’école de la danse et que ce sont surtout des autodidactes. Nous invitons implicitement les danseuses et danseurs en formation à s’imprégner de cette confiance, de cette complicité que nous partageons. Je pense aussi que cela créé une émulation pour eux de rencontrer des danseurs qui ont une grande expérience et qui ont parcouru le monde avec la compagnie.

 

Comment transmettre la danse selon vous ?

Tout est danse, rien n’est immobile, c’est un fait physique. Tout est toujours en mouvement, tout est toujours en déséquilibre. La danse, c’est cet art qui permet de surfer sur ces grandes lois du cosmos.

Transmettre, c’est donc donner des outils à ces futurs professionnels de la danse, afin de développer leur singularité et d’interroger leur rapport à ce monde et à cet art dont ils sont tombés amoureux.

En savoir plus sur la formation au Diplôme d'État

Options : danse jazz et danse contemporaine

Contacts :
Directeur du département danse : Maurice COURCHAY
Renseignements pédagogiques : Edwige AUDON // eaudon@lepontsuperieur.eu
Renseignements administratifs : Bérénice NOUHAUD : 02 40 89 94 71 / 06 29 84 41 66 // bnouhaud@lepontsuperieur.eu

 

  • Date limite de dépôt de candidature : 31 mai 2021
  • Lieu de la formation : Le Pont Supérieur, Nantes
  • Nombre d’heures de formation : 1 200h sur deux années

 

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